Carnets de création, Bernard Kudlak

Le chemin perdu

vendredi 19 octobre 2012, par Bernard Kudlak

Le chemin perdu

"Tempus Fugit" : une ballade sur le chemin perdu.

Dans le vocabulaire des horlogers,

L’échappement est une pièce mécanique qui, dans une horloge comtoise, fabrique le tic et le tac.

Le tic et le tac sont appelés en horlogerie :

Le repos et la chute.

Le temps et l’espace compris entre le tic et le tac, entre le repos et la chute est appelé :

Le chemin perdu.

Le cirque se joue dans un temps onirique et immédiat entre le repos et la chute.
Le chemin perdu est le lieu de l’acte de cirque, par définition.

Un chemin de poésie.

La ballade du chemin perdu aura lieu en temps réel sur un chemin perdu entre les plis du temps.

Tout peut arriver : comptage, horloge, métronomes, pendules et pendulaires mais aussi et surtout surgissements, métamorphoses, anamnèses, mémoires vivantes, pliages, chiffonnages, transformations, transmutations, transfigurations (et transpirations aussi) et même spectacle de cirque en éternité d’instants.

Un pas de côté et vous vous retrouvez sur le chemin perdu.

Léger décalage, lourdes conséquences.

Le chemin perdu est un autre côté du miroir, celui du temps.
Lieu de rencontre habituel des représentations du Cirque Plume.

Particulièrement pour "Tempus Fugit", la ballade du chemin perdu.

Faites un pas de côté : rejoignez nous.

Extrait du dossier de création de "Tempus Fugit".

Mardi 09 Octobre 2012

Cette idée proposée, mes associés exprimèrent un doute : que ce titre fasse dire :
« Le Cirque Plume est perdu et il cherche son chemin ! ».

Je prends bien note, je comprends, "perdu" est un mot difficile dans le réel, dans la vie et plus encore en communication culturelle où des loups vous attendent au coin des chemins perdus !

1. Va falloir convaincre.

Ecoutons encore :
« Le Cirque Plume est perdu et il cherche son chemin ! ».

Mais c’est parfait !
Autrement dit : il est en création.
Ça me va.

L’inverse de l’idée de la perte, c’est l’idée de la trouvaille.

Par ce titre, le Cirque Plume affirme emprunter "le chemin perdu".
Voilà bien trente ans qu’il s’y promène sur le chemin perdu, le Cirque Plume.

2. A force d’y penser, le chemin perdu se rend de plus en plus visible.

A travers l’histoire du cirque

Qui avant la guerre n’existait que dans une marginalité (à tel point qu’il dépendait du Ministère de l’agriculture).
Puis l’incroyable richesse qui tomba sur la tête de nos sociétés après la guerre créa partout des autoroutes de la consommation de variétés. Le cirque avec ses belles verdines de directeurs s’y précipita !
Le chemin perdu se perdit sous la verdure.

A travers celle du Cirque Plume

Le chemin perdu existait toujours, il vivait caché sous les broussailles, plein de vigueur, d’oiseaux et de chants ; nous l’avons retrouvé, parcouru, révélé, partagé : c’est un des fondamental de notre aventure et de celles des compagnies qui retrouvèrent une marginalité et un chemin particulier pour le cirque "nouveau".
Cela nous a également conduit sur des routes plus fréquentées.
(Dans le monde aujourd’hui, tout y est plus fréquenté, même le silence et la solitude).
Cette ballade du Cirque Plume du début permettait de créer une forme et une belle forme de cirque avec une majorité d’artistes autodidactes.
Il fallait suppléer les manques par des idées, de la joie et du désir.
La joie des broussailles.

A travers les jeunes générations d’artistes

La transmission s’est faite il y a longtemps déjà, à l’insu de notre plein gré.
Au fil du temps, par le réel de nos spectacles. Et ce dès le début.
Il fallut pour cela que nous accomplissions ce voyage sur le chemin perdu.
Apportant notre part à l’aventure des arts du cirque, en poèmes, en actes et en pensée.
Des artistes des jeunes générations parcourent ce même chemin. Pas tous, bien sûr : il est bien des routes, pourquoi les ignorer ?
Et cette diversité est précieuse.

J’aime la diversité, je déteste l’injonction culturelle d’innovation obligatoire.
Elle ressemble trop à l’idéologie du capitalisme mondialisé : innover et produire sans cesse et sans relâche, toujours plus, toujours semblant plus nouveau, jusqu’à extinction de l’espèce* après celles de toutes les autres espèces.
Beau programme.
Restons dans les broussailles. Même s’ "ils" nous tuent nos oiseaux et notre diversité.
Enfin , ça me fait rigoler en pensant que notre compagnie se promène sur un chemin perdu même économiquement parlant, chemin perdu entre les grandes institutions culturelles et le showbiz, ne nous sommes ni l’un ni l’autre si ce n’est que nous partageons les mêmes charges sans avoir les mêmes facilités de recettes.
Bref un chemin funambule, et de ce fait peu fréquenté.

Le plus important est que, si je me pose les question :
Pourquoi je continue ? Pourquoi un spectacle de plus ? Pourquoi un autre ?

La réponse est :
-  pour marcher sur le chemin perdu.

Et comment le construire ?
-  en marchant sur le chemin perdu.

C’est là ou je me sens bien.

En poésie comme à l’origine. C’est mon origine : "le chemin perdu".
Si vous saviez !

Mes amis sont convaincus du bien fondé de cette idée. Elle est adoptée.
On discute de sa traduction en titre de spectacle.
Puis on décide.

Ce sera :

Tempus fugit
« Une ballade sur le chemin perdu »

"Ballade" avec deux l pour le petit poème de forme régulière, le bal, les baladins, le ballet et les variations de jazz du même nom.

Ça c’est fait !

Salut et fraternité.

Bernard

(*) Espèce de crétins surpuissants, de connards malfaisants, méchants, destructeurs, égotiques, lamentables.

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