Carnets de création, Bernard Kudlak

New York, le 14 juillet 2001

samedi 14 juillet 2001, par Bernard Kudlak

Mise en abîme : Christophe Carasco se reflète dans son image de l'afficheAllonzenfants !!! j’ai vu ce matin un drapeau français sur la hampe improvisée d’un antenne de liaison radio sur un énorme 4X4 garé près du Whitney Muséum !
Nous sommes allé au cirque ce matin de fête nationale. Au cirque de Calder.
Papy Calder bricole un petit cirque comme n’importe quel retraité de la Haute-Marne et joue de ce cirque devant un public. Une vidéo nous montre cette représentation. C’est très sympa. Ce côté bricolage met le musée à la hauteur des activités ludiques, ça nous repose des installations.
En parlant de cirque, peut être puis-je parler un peu du notre. Donc à la première, deux blessés et la deuxième annulée. Ca commençait sur les chapeaux de roues. Nous avons répété une nouvelle version en essayant de garder le sens. Je pense que nous avons pas trop mal réussi.
Je me suis aperçu que le stress de la première et des jours qui ont suivi m’ont totalement masqué le fait que le spectacle a été vraiment apprécié. Cependant les spectateurs de la seconde représentation était beaucoup plus expansifs, chaleureux, moins guindés que pour la première. Jacques et Fanny se rétablissent bien. Encore qu’on ne puisse pas savoir si nous ferons le spectacle en entier au moins une fois ici. J’espère que nous pourrons.

Je me souviens de Phil Glass. Il accompagnait nos rêves Baudelairiens, dans les chemins voluptueux et assommés des paysages créés dans les volutes de fumée de l’herbe à nigaud.
Il est a présent un grand compositeur américain reconnu. Nous sommes allé voir "Le corbeau blanc", un opéra dont il a écrit la musique, mis en scène par Bob Wilson. Une commande du Portugal pour célébrer le cinq centième anniversaire des grands voyages portugais autour de la terre.
Chouette musique ; et belle mise en scène très formelle. Il y a une forme moderne des gestes rituels de l’opéra, c’est étrange. Le plateau m’évoquait souvent le peintre surréaliste Tanguy. Nous avons été touchés par la force et la simplicité de la musique. Robert Miny était content.
Les portugais sont allés partout, même en Inde, mais les taxis à Lisbonne conduisent comme des fous. Aujourd’hui, en sortant du musée, on a pris un "cab" conduit par un indien qui conduisait comme un portugais. Dans une street transversale, il a entamé une course avec un bus qui ne voulait pas céder la place. Il a gagné. N’empêche que Bob Wilson dans le début des année soixante dix , quand on écoutait -pétés- Phil Glass, il nous avait épaté : dans la troupe de théâtre amateur dont je faisais partie, on avait essayé de faire tout lentement comme lui. On a pas tenu longtemps ! Lui il continue et c’est rudement beau ! Des fois, l’art, quand on en parle, ça gonfle, des fois ça gonfle même si on en parle pas. La vie semble tellement fragile qu’on aimerait que l’art l’accompagne comme un pampre de liseron sur une branche d’églantine au mois de juin. Faut que j’arrête, le béton me rend bucolique.

J’ai l’impression qu’il y a un truc dont mes amis New-Yorkais essaient de me parler depuis que je suis ici, c’est la vitesse de cette ville, son énergie, son dynamisme, sa folie, etc….. Quand t’es touriste dans la rue, tu le vois pas, tu vois juste des gens en short ! On dit qu’il y a un syndrome de la distribution des prix : faut avoir le prix d’excellence, paraît-il, ici. A tout prix ! C’est ce qu’on dit, mais j’ai rien vu encore de tout ça. Je ne regarde peut-être pas dans la bonne direction. Il y a peut être un musée pour tout ça ! Dès que je le vois, je vous préviens.
A plus tard.

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