Carnets de création, Bernard Kudlak

Nouvel article

L’atelier du peintre Charles Belle

jeudi 22 novembre 2012, par Bernard Kudlak

invitat...lak.jpg

La Galerie Virgile Legrand
présente du 7 au 14 décembre 2012
un ensemble d’oeuvres de Charles Belle
et l’ouvrage Charles Belle - L’atelier du peintre
de Bernard Kudlak, publié aux Editions Virgile
dans la collection Carnets d’Atelier.
Inauguration de l’exposition et présentation du livre
en présence de l’artiste et de l’auteur
le vendredi 7 décembre à partir de 18 heures 30.
Galerie Virgile Legrand
56, Rue de l’Université - 75007 Paris
Tél. 33 (0)1 45 44 75 30
www.galerie-virgile-legrand.com
editionsvirgile@aol.com

L’atelier du peintre Charles Belle, éditions Virgile,

En préparant le spectacle " l’atelier du peintre", j’ai passé pas mal de temps dans celui de mon ami Charles Belle à Tallenay près de Besançon.
Daniel Legrand des éditions Virgile, m’a proposé d’écrire un "carnet d’atelier" pour sa collection précisément "Carnet d’Ateliers". Et voila c’est sorti !
Un petit ouvrage( 70 pages, c’est le format de la collection) de textes et poèmes sur la peinture, l’atelier et le peintre.

je vous livre le premier chapitre...

L’atelier du peintre Charles Belle
Assis sur le muret du cimetière du village de Tallenay,
dans le Doubs en Franche-Comté, vous pouvez admirer
l’architecture de l’atelier du peintre, à votre droite. Derrière
vous les gisants sous leurs pierres et un peu à leurs cotés l’église.
A votre gauche la demeure du peintre.
Les nuages, les iris, si vous êtes là au printemps, des roches
noires… une plaque émaillée jolie. Email bleu profond
sur laquelle une signature signale le nom de l’artiste : Charles
Belle. C’est l’entrée de l’atelier par le jardin du peintre.
L’atelier de Charles Belle est un jardin. Charles Belle
est un peintre. Jardinant son espace vital. Avec ses mains. Ses
doigts, ses muscles, son cœur, son courage. Geste de paysan.
Les pieds sur la terre. Les mains dans les couleurs, la tête …
où la tête ?

Sous la terre de l’atelier il y a un gouffre. Une pelleteuse
en creusant les fondations de l’atelier, a ouvert la porte
d’une faille de trente-cinq mètres de profondeur. L’ouvrier
eu chance de ne pas basculer chez Vulcain avec sa machine.
Il s’en fallut de peu.
Carie d’eau, ici, en cette couche profonde (qui est le
temps) déposée par le vivant au fond d’une très ancienne mer,
creusée de gouffres, de grottes, de reculées, de cirques de
pierre, de labyrinthes. Calcaires vivants de Franche-Comté.
Lisant ce paragraphe à Charles, en présence d’Huguette
et d’Alfred, chers amis communs, Alfred qui sait tant
de choses nous a donné le nom de « emposieu » joli nom. Le
Littré en donne cette belle définition : « Nom donné, dans le
Jura, à des cavités en forme d’entonnoir où les eaux s’engouffrent
pour reparaître, sous forme de sources abondantes,
dans les vallées inférieures ».
On ne saurait mieux dire. Les eaux de l’art également.
Cette faille.

Sexe de la mère originelle. Caisse de résonance.
Béance. Le jardin de Charles danse sur cette béance.
L’atelier du peintre est construit sur un trou.
Un gouffre résonne en dessous du jardin de peinture de
Charles Belle, un des fils du boulanger de Rochejean, dans le
haut. Le Haut-Doubs, au bord de la France.
Le haut et le profond entre les pieds et la tête du
peintre. Entre hier et aujourd’hui.

Charles s’est équipé d’un harnais, d’une lampe sur le
front et est descendu dans ces bas fonds d’ombres et de goutte
à goutte. De noir humide et de maternité. Puis est remonté, et
l’atelier s’est construit, là.
Ensuite descendre dans les bas fonds de gestes amples,
d’impurs mauves, de vert chagrins, en violents espaces
de souffles jetés sur une toile comme une guerre à la vie,
d’éjaculations écumantes et sportives.
De musiques hurlantes qui essorent le cerveau et
l’âme. D’essoufflements. De doutes et de douleurs. De joies
trop fortes pour être dites.
Et de fleurs enfin qui s’ouvrent sous le geste fertile. De
fleurs fragiles, à peine agitées d’une brise. De Fleurs tout
justes cueillies, comme des gouttes d’eau.
De fleurs instants fugaces. Traversées par la vie. De
fleurs souffle. De fleurs musique. Écoutes. De fleurs et de
fruits trop mûrs. Mais de fleurs mères et femmes, sorties d’un
profond gouffre noir chantant. Une haleine de cheval, écume
aux lèvres.

**************************

Présentation du livre et d’une exposition des oeuvres de Charles Belle le 7 decembre Galerie Virgile 50 rue de l’université 75007 Paris à 18H30

************************
POur les infos Cirque Plume, nous avons de très bonnes nouvelles de la tournée de Tempus Fugit. Les representations à l’Ile Seguin sont formidable, nous vous attendons du 1 au 16 decembre . Reservation au 03818449 prix d’un appel local.

je vous embrasse, salut et fraternité. Bernard.

Portfolio

Vous êtes ici : Accueil du site > Tempus Fugit
| | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0